Millboard au RHS Chelsea Flower Show 2026

By Michelle Baird

Les tendances, couleurs et jardins d’exposition à connaître

Rien ne ressemble à la semaine de Chelsea. Dès que l’on franchit les portes du Royal Hospital Chelsea, le monde extérieur semble s’effacer, remplacé par l’odeur de la terre chaude et des fleurs fraîches, le bourdonnement sourd de l’anticipation, et le sentiment irrésistible que ce que l’on voit ici va façonner notre manière de jardiner, de concevoir et de penser l’espace extérieur pour les années à venir.

Le RHS Chelsea Flower Show exerce ce pouvoir depuis 1913. Et l’édition 2026, ouverte au public du 19 au 23 mai, ne montre aucun signe de renoncement. Avec 13 jardins d’exposition extraordinaires, un Grand Pavillon regorgeant des plus belles pépinières et cultivateurs du monde, et un thème traversant l’ensemble de l’événement – nourrir la nature et le pouvoir de la fleur – cette année apparaît particulièrement signée et particulièrement belle.

Il y a une raison supplémentaire de se réjouir cette année : pour la première fois depuis avant la pandémie de COVID, le salon s’est vendu complet avant le jour d’ouverture. Les 150 000 billets sont partis, un jalon qui va bien au-delà des chiffres de fréquentation. Les ventes de billets constituent le principal collecteur de fonds du RHS, soutenant des programmes de jardinage communautaire à travers le Royaume-Uni et finançant la recherche scientifique qui sous-tend les conseils de jardinage pour des millions de personnes.

Nous avons passé la matinée du Jour de presse à parcourir les allées, carnet en main, voici donc ce qu’il faut savoir.

Les grands thèmes: que dit Chelsea en 2026?

S’il existe une atmosphère qui traverse cette année, c’est celle de la joie et d’un dessein tranquille. Les concepteurs canalisent leur passion pour l’environnement dans des espaces qui se sentent véritablement accueillants, des lieux où l’on a envie de s’attarder plutôt que de simplement admirer. Le résultat est une exposition qui se sent à la fois significative et, par-dessus tout, belle.

Trois grands thèmes se retrouvent sur l’Allée principale et au-delà:

La biodiversité au sein de la structure. La tension entre le design formel et la plantation naturaliste – l’une des forces les plus productives du design de jardin contemporain – a trouvé un nouvel équilibre. Les designers n’ont plus à choisir entre les deux. Les meilleurs jardins ici utilisent une géométrie précise et une disposition claire pour encadrer une plantation véritablement sauvage : bandes de pollinisateurs longeant des terrasses contemporaines, parcelles de prairie encadrées dans des enclos murés, jardins marcageux rencontrant une pierre propre. Le message pour la vie extérieure est clair: on peut avoir un espace structuré et magnifiquement conçu tout en laissant à la nature la place de s’y épanouir.

L’influence japonaise. Plusieurs jardins s’inspirent directement de la philosophie de design japonaise: le concept de wabi-sabi (la beauté trouvée dans l’imperfection et l’impermanence), yohaku no bi (la beauté de l’espace vide), et l’idée d’harmonie entre la structure et le monde naturel. Attendez-vous à des compositions calmes, des palettes de matériaux retenues, un espace négatif considéré, et une plantation qui récompense l’observation lente.

Le patrimoine et le lieu. Le paysage, l’histoire et l’identité culturelle de la Grande-Bretagne traversent plusieurs jardins cette année, des quatre Palais Royaux Historiques aux terres marginales négligées de la campagne anglaise. Il y a une fierté renouvelée dans la spécificité du lieu, et un rejet du générique.

La palette de couleurs

Chelsea est toujours l’un des baromètres les plus fiables pour les couleurs du jardin, et la palette de 2026 est riche et délibérée.

Les teintes bijou sont de retour avec conviction. Le jardin Boodles de Catherine MacDonald, inspiré des Palais Royaux Historiques, mise sur ce que le RHS décrit comme un style « romantique, gardenesque » avec une palette ancrée dans les bijoux profonds. Saphir, rubis et améthyste. Ces couleurs ont du poids, elles paraissent réfléchies plutôt qu’accidentelles.

Les tons naturels chauds brûlés par le soleil. Ailleurs, la palette décolorée par le soleil de l’Outback d’Australie-Occidentale fait son apparition dans le jardin Journey Beyond the Tracks de Max Parker-Smith. Ocre, sable, rouille et tons d’herbes sèches évoquent la tolérance à la sécheresse autant que l’esthétique.

Les verts structurels doux. Les jardins d’inspiration japonaise apportent une histoire de couleurs plus discrète : verts de mousse, ombre profonde, pierre pâle, couleurs florales minimales. C’est une palette qui vous invite à ralentir, et dans le contexte d’un espace de vie extérieure, elle crée quelque chose de véritablement reposant.

Les jardins que nous aimons

Le Jardin Tate Britain, conçu par Tom Stuart-Smith

Tom Stuart-Smith est l’un des noms les plus respectés de l’architecture paysagère, et son jardin 2026 est peut-être le plus commenté de l’exposition. Inspiré par les bois d’Asie de l’Est, il offre un avant-goût du Jardin Clore qui ouvrira à la Tate Britain à l’automne 2026 : un nouvel espace vert permanent pour Londres alliant art, nature et communauté dans un schéma de plantation biodiverse.

Ce jardin a une atmosphère très calme et composée, malgré l’énergie de l’exposition environnante. Les douces couches de plantation verte et argentée se mélent parfaitement aux éléments de pierre et d’eau, créant quelque chose de réfléchi plutôt que de dramatique.

Le Jardin Boodles, conçu par Catherine MacDonald

Suite à son acclaimé jardin Raindance de 2025, Catherine MacDonald revient avec un design inspiré des quatre Palais Royaux Historiques : la Tour de Londres, Hampton Court et au-delà. Le style romantique et gardenesque de la plantation utilise des espèces cultivées aux couleurs de bijoux d’une manière qui se sent à la fois historique et entièrement contemporaine.

Les rouges profonds, bordeaux et pourpres apportent chaleur et profondeur, évoquant presque les velours et les tapisseries. Ces teintes créent de forts contrastes à travers le jardin, tandis que le miroir d’eau adoucit l’ensemble et instaure une sensation de calme. Le pavillon constitue un véritable point focal, mais la plantation environnante l’empêche de paraître trop architectural. On perçoit un sens aigu du savoir-faire dans les détails, de la ferronnerie aux contenants, qui confère à l’ensemble une élégance immersive et soigneusement composée.

Le Jardin Parkinson’s UK, conçu par Arit Anderson

Le jardin d’Arit Anderson est destiné à l’Hôpital John Radcliffe une fois le salon fermé, un héritage significatif qui ajoute du poids à un design déjà discrètement puissant. Divisé en trois zones sensorielles (stimulante, reposante et nocturne), il utilise couleur, texture et plantation pour refléter l’expérience vécue de la maladie de Parkinson et offrir réconfort et calme.

Un jardin à l’atmosphère très compatissante et réfléchie, conçu d’une manière qui se sent à la fois soutenante et élévatrice. Les sentiers doucement sinueux et les niveaux variés semblent refléter l’imprévisibilité du quotidien avec la maladie de Parkinson, tout en permettant à l’espace de demeurer calme et accessible.

La plantation douce et naturaliste, avec ses couches de graminées et de vivaces, crée du mouvement et de la texture à travers le jardin. Les espaces de repos et les coins plus retirés évoquent des lieux pensés pour le calme, la conversation et le réconfort, plutôt que pour le seul impact visuel. Le jardin équilibre sensibilité et optimisme, et semble conçu autour de l’expérience humaine réelle plutôt que d’une pure esthétique.

Le Jardin Curieux RHS et The King’s Foundation, conçu par Frances Tophill

Conçu par Frances Tophill et soutenu par une liste de partisans remarquable incluant Sir David Beckham et Alan Titchmarsh, ce jardin porte une ambition simple: rappeler aux gens pourquoi le jardinage est important et les inviter à y prendre part davantage. Accessible, joyeux et magnifiquement réalisé, ce jardin est plein de chaleur, de texture et d’informalité.

Le Jardin Lady Garden Foundation ‘Silent No More’, conçu par Darren Hawkes

Peu de jardins cette année portent un message aussi puissant. Conçu par le médaillé d’or RHS Darren Hawkes, ce jardin de l’Allée principale a été créé pour sensibiliser aux cinq cancers gynécologiques, qui ensemble réclament 21 vies de femmes chaque jour au Royaume-Uni.

Plutôt que de confronter, il vous attire : un sentier sinueux à travers des bordures richement plantées, cinq sculptures représentant chacune l’un des cancers, de l’eau coulant d’un bassin central à travers de profondes rigoles, et des espaces de siège intimes conçus pour encourager les conversations ouvertes qui sauvent des vies.

Se tenir dans ce jardin, c’est difficile de ne pas être touché. Les formes sculpturales en sont le cœur extraordinaire, vues de près : rendues en terre cuite, monumentales et pourtant étrangement tendres, elles vous attirer dans l’espace plutôt qu’elles ne vous tiennent à distance. La plantation fait de même : douce et en couches d’abord, s’intensifiant progressivement vers quelque chose de plus affirmé. C’est un jardin qui engage une conversation sans dire un mot, et c’est une chose rare et remarquable.

Ce que nous voyons au Grand Pavillon

Au sein du Grand Pavillon, les principales pépinières et cultivateurs du monde sont en compétition pour le titre de Plante de l’Année et les prestigieux Prix RHS d’Excellence Durable. La liste des finalistes pour la Plante de l’Année génère le plus de conversations. Parmi les concurrents remarquables figurent une Anisodontea rouge foncée qui fleurit de la fin du printemps jusqu’à l’hiver, un Cercis bleu-gris novateur à attrait tout au long de l’année, un Antirrhinum véritablement vivace, et un Hydrangea paniculata couvre-sol qui passe du blanc au rose puis au rouge foncé au fil de la saison.

La vie extérieure: ce que Chelsea nous dit sur l’utilisation de nos jardins

L’expansion soutenue de la vie extérieure, accélérée par les années de pandémie, ne montre aucun signe d’inversion. Mais la conversation a muri. Il ne s’agit plus simplement d’étendre la maison vers l’extérieur ; il s’agit de créer des espaces qui fonctionnent de manière transparente, qui se sentent véritablement réfléchis, et qui restent beaux au fil du temps.

Zonage sans division

Les meilleurs jardins d’exposition utilisent des changements de niveau, de matériau et de plantation pour définir des zones distinctes (un espace repas, un coin tranquille, un espace de divertissement plus actif) sans séparation stricte. Une terrasse définit un espace; la plantation l’adoucit; le résultat semble cohérent plutôt que compartimenté.

La texture des matériaux compte autant que la couleur

Dans toute l’exposition, les espaces les plus convaincants sont ceux où les matériaux ont une véritable profondeur texturale, où les surfaces portent le type de chaleur et de variation qui donne à un jardin un sentiment habité plutôt qu’installé.

La structure comme toile pour la nature

Le message de Chelsea est cohérent : une structure précise et bien réalisée ne concurrence pas la plantation, elle la met en valeur. Un joli deck ou une terrasse devient la scène sur laquelle la plantation saisonnière se produit.

Chez Millboard, c’est quelque chose à quoi nous pensons constamment. Le meilleur bardage est celui qui disparaît dans son cadre, fournissant une base si réfléchie dans sa texture, son ton et son caractère qu’il attire l’attention non pas sur lui-même, mais sur l’espace qui l’entoure. Nos lames Coppered Oak Enhanced Grain et Modello Linear, présentées cette semaine sur le stand de Garden House Design, s’inscrivent parfaitement dans la palette chaude et terreuse qui traverse une grande partie de Chelsea 2026.

Ce qui fait de Chelsea, Chelsea

Nous rendrions un mauvais service à ce salon si nous le réduisions à un rapport de tendances. Chelsea est bien plus que cela. C’est un événement d’un véritable poids émotionnel, qui attire designers, cultivateurs, horticulteurs et amateurs de jardins sur les pelouses du Royal Hospital Chelsea depuis bien plus d’un siècle. Il existe pour démontrer que les jardins sont importants : pour le bien-être, la communauté, l’environnement, la culture. Chaque jardin ici porte une histoire qui dépasse les limites du terrain d’exposition, la plupart étant destinés à des hôpitaux, des espaces communautaires ou des parcs publics où ils continueront à servir les gens bien après que la couverture médiatique soit passée à autre chose.

Cette année, nous sommes fiers de faire à nouveau partie de la plus grande scène mondiale du design de jardin. Millboard figure sur plusieurs espaces du terrain d’exposition, revenant pour la troisième année consécutive comme partenaire produit de Garden House Design au Stand 337, et apparaissant sur le stand de la British Association of Landscape Industries, dans la zone alimentaire Colicci, avec The Glasshouse Collective au Killik Barn, et dans le début de Spacelift à cette édition. C’est un privilège de jouer un rôle dans un événement qui compte autant pour cette industrie.

Le salon nous rappelle, chaque année, pourquoi ce que nous faisons est important. Les jardins ne sont pas un luxe. Ils sont, comme le dit le RHS, “un lieu où nous nourrissons la nature et où, en retour, la nature nous nourrit.”

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